Contrairement à d'autres mégapoles comme Londres et Berlin, New York n'a jamais été définie par une seule et unique branche de techno. De nos jours, les labels excentriques ont proliféré en masse et, bien que la production de musique dance de la ville ne ressemble guère aux sons fondateurs de Detroit, elle occupe une place de choix dans le canon. Dans cet esprit, le producteur et DJ Aquarian a développé un son à la fois expérimental et immédiat, mais qui met par-dessus tout l'accent sur la fonctionnalité. Provocateur techno résident chez UNO NYC, le son d'Aquarian puise ses influences des deux côtés de l'Atlantique, combinant Londres, New York et Detroit avec une singularité verticale. S'emparant de l'aspect le plus abrasif du spectre techno, il intègre des breakbeats, des lignes de basse rugissantes de TR-303 et des grosses caisses lourdes et brutes dans ses productions, faisant référence au hardcore, à l'électro et à la techno de Detroit comme des antécédents évidents. Aquarian ne vit pas pour autant dans le passé, rassemblant des éléments mélodiques issus du grime instrumental et la puissance des basses du dubstep dans ses bombes épurées pour pistes de danse.
L'EP Obsidian de 2012 (sorti chez UNO) a été sa première sortie officielle en tant qu'Aquarian, et son énergie exubérante portée par les breakbeats reste tout à fait pertinente deux ans plus tard. Un remix de Randomer est venu couronner Obsidian, ajoutant un nom établi à l'ensemble, mais c'est l'énergie brute et contenue des morceaux originaux qui définit cette sortie. Le single « Fan Death », sorti en 2013 sur UNO, a servi de suite à Obsidian et a vu le son d'Aquarian réduit à ses éléments constitutifs, faits d'atmosphères sombres, de percussions percutantes et d'un échantillon vocal séditieux. Le signal rave est par trop courant dans la musique électronique contemporaine, mais il est difficile d'imaginer un morceau comme « Fan Death », ou « Motherisk » sur l'album Obsidian, exister en dehors d'un entrepôt sombre.