« Je suppose qu'on peut dire que notre musique a la douceur d'un coup de foudre mais aussi le crissement d'un broyeur de voitures industriel », déclare la chanteuse et frontwoman de cruush, Amber Warren. Et elle tape dans le mille. cruush possède bel et bien une façade mélodique. Une façade qui évoque une erreur de fabrication placée sous le signe de la joliesse. Corrosive. À moitié fondue. Crachant une crasse grunge déstabilisante. Si intense qu'elle provoque une sorte de paralysie. Mais le noyau dur se forme lorsque les comptines darkwave d'Amber, issues d'un état de rêve au regard vitreux, rencontrent la tension sur le fil du rasoir de la guitare elliptique d'Arthur Boyd. Des sons assez musclés pour provoquer des fractures ouvertes font régner une guerre froide sur les auditeurs. Les textures vont et viennent hors phase, s'épanouissant sur des kilomètres, imprégnées de bourdonnements et magnifiques. S'étant rencontrés lors d'un « événement de rentrée pourri », le duo s'est réfugié dans le chromosome de la chambre d'Amber pour jammer sur les premiers morceaux qui serviraient d'hélice à l'information génétique du groupe. Rejoints par le batteur Fotis Kalantzis puis par le bassiste Ru Cowl, ils se sont mis en tête de réemballer le shoegaze pour les natifs du numérique. Diffuseurs et journalistes ont tous été charmés, des figures telles que Jack Saunders (BBC Radio 1), BBC Radio 6, John Kennedy (Radio X), Soho Radio, Consequences of Sound, le NME, The Line of Best Fit et Clash se bousculant pour se dire fans. Fraîchement signés chez les chouchous de l'indé Heist or Hit (Her’s, Eades, Pizzagirl), cruush s'apprête à offrir ses paysages nocturnes oniriques aux masses.