Le chapeau melon de Chaplin posé sur d'épaisses dreadlocks, des chapeaux haut de forme rayés et des chemises blanches dignes d'un Incorruptible de l'époque de la Prohibition : sans aucun doute, Faada Freddy possède son propre style, un mélange de chic rétro et de mise de « rude boy » de ghetto. Cette allure cool et zazou lui confère un cachet de dandy des rues, tout en donnant le ton de Gospel Journey, son premier album, à la fois élégant et racé, intemporel et furieusement moderne. As’, qui a produit le premier album d'Imany (disque de platine en France et dans plusieurs marchés européens), a réalisé cet album tout à fait singulier et purement vocal. Les morceaux traversent sans effort plusieurs univers qui ne sont pas vraiment voisins : soul, chants religieux, R'n'B a cappella, folk fraîche, rock acoustique, le tout uni sous une seule bannière, la voix profonde et omnisciente de Faada. Une voix qui est assurément l'une des plus pures, des plus chaleureuses et des plus mélodiques parmi les talents émergents de 2015.
Faada (nom de scène d'Abdou Fatcha Seck) est issu d'une fratrie de 6 enfants, son père était enseignant et inspecteur d'académie au Sénégal. Strict et exigeant en matière de discipline et de résultats scolaires, ce père mélomane a, sans le savoir, offert une éducation musicale à l'un de ses garçons. Faada passait alors son temps libre à fabriquer des guitares de fortune avec des bidons d'huile, et à confectionner des Toukouss ngalam, un petit luth d'Afrique de l'Ouest, avec des boîtes de conserve.