Kadim Al Sahir (en arabe : كاظم الساهر) est né en 1961 à Naïnawa, dans le nord de l'Irak, au sein d'une fratrie de 10 enfants, d'un père employé de palais. La musique est entrée dans sa vie par la radio, et al-Saher en a été ensorcelé, en particulier par les compositions du légendaire compositeur égyptien Mohamed Abdel Wahab. Il était tellement fasciné qu'à l'âge de 10 ans, il a vendu son vélo pour s'acheter une vieille guitare, et deux ans plus tard, il a commencé à écrire ses propres chansons. Durant son adolescence, il est passé au oud (« Je joue du oud et de la guitare. J'utilise le oud pour composer ma musique. J'ai d'abord commencé par la guitare et, plus tard, dans le cadre de mes études de musique classique arabe, par le oud ») et, à l'âge de 21 ans, il a été admis à l'Académie de musique de Bagdad.
Son objectif était de faire carrière dans la musique, mais se faire une place n'a pas été facile. Tous les producteurs qu'il a contactés l'ont rejeté en raison de son insistance à enregistrer son propre matériel plutôt que le leur. La seule façon d'entrer était par la porte de derrières, et c'est ce qu'il a fait. En 1987, avec la complicité d'un ami producteur de télévision, al-Saher a glissé sa chanson « Ladghat El Hayya » (La morsure du serpent) sur la télévision nationale irakienne. Le tollé a été immédiat, la chanson étant une allégorie de la guerre Iran-Irak qui venait de s'achever. On lui a posé un ultimatum : changer les paroles ou voir la chanson interdite. Il a refusé de modifier un seul mot, mais le fait de mettre le morceau sur liste noire n'a fait que le rendre plus populaire, et il a rapidement donné des concerts dans tout le Golfe et enregistré pour un label koweïtien. Un autre succès (« Obart Al Shat ») l'année suivante a cimenté son statut, mais lui a valu de nombreuses critiques de la part de ses professeurs de l'Académie, lui reprochant d'avoir abandonné les sommets de la musique classique pour la pop sha'bi de bas étage.