De qui ZAZA est-il le nom ?
De Mademoiselle FOURNIER, pour sûr, parisienne de 26 ans d’âge. Zaza, ce peut-être aussi – du moins dans le cas de l’indisciplinée chanteuse et accordéoniste – le féminin de Zazou. A la fin des années 1930, les « rejetons multicolores de la faune « swing » du Tout-Paris », selon la définition bourgeoise du moment, baladaient leurs cheveux ondulés au Pam Pam ou au Colysée sur les Champs-Elysées. Mèche frontale, rouge aux lèvres et look pin-up rockabilly, belligérante des nouvelles mœurs, Zaza transpose les Zazous au 21ème siècle : « Qu’est-ce que ça te fait si j’parle avec ton cousin ? Qu’est-ce que ça t’fait si j’danse avec ton copain ? Qu’est-ce que ça t’fait si je couche avec le voisin ? Qu’est-ce que tu dis si je raconte tout à Natalie ? Qu’est-ce que tu bois ? Je veux la même chose que toi ». Les temps ont changé, le féminisme est passé par là et Zaza est passée à la Vodka Fraise. Elle s’enivre en regardant danser les glaçons tout au fond du verre. La tête lui tourne, c’est un naufrage drolatique traduit sur une musique de bal balnéaire. « Une sorte d’hyperréalisme », dit l’intéressée.
Zaza Fournier possède un don aigu : celui de traduire l’immédiat, avec des mots directs : coucher, reins, chaise, lunettes, savon, genoux, frissons…, combinant à la fois distance critique et liberté. Elle assure à l’instinct, une qualité travaillée au long d’une tournée de deux-cents dates en dix-huit mois, dont « 170 seule en scène, avec un accordéon et un iPod », sans filet, dit-elle. « Je vivais le présent tel qu’il venait », écrivant sur le tas, sur la route - la chanson Regarde-moi a été composée pendant une balance de concert. C’est à la maison que Zaza Fournier avait été fabriqué.