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les morceaux qui composent le septième et tout dernier disque de Widowspeak, les espaces intimes et les scènes d'amour sont capturés avec un objectif nostalgique enduit de vaseline. Des bougies brûlent à l'intérieur de verre rouge tandis que des amants se rapprochent dans une banquette en cuir. Des portraits de célébrités veillent comme des anges dans un restaurant. Ailleurs, des œillets sont pressés dans un carnet noir et des danseurs se tirent l'un vers l'autre. Widowspeak est un groupe qui brode sur de grandes émotions sans se prendre trop au sérieux. La douceur, voire la bêtise, d'une longue phase de béatitude qui devient aussi dévorante qu'un roman de gare à l'eau de rose. Les voitures et leurs conducteurs servent de moyen pour parler de codépendance. Et le vieux amour s'use, doux comme un vieux t-shirt. Si la musique peut être à la fois naturaliste et noire, saturée et luxuriante, c'est bien Widowspeak. C'est un groupe qui sait planter le décor.
Ces chansons utilisent des moments intimes pour parler de chagrins plus profonds : l'agitation inhérente à l'existence moderne, l'attente de quelque chose qui se produise. Ou bien, le fait de se sentir en décalage en jouant un rôle dans sa propre vie. « Roses » est peut-être le disque de Widowspeak le plus romantique, mais c'est aussi le plus profondément réaliste : le décor n'est pas planté par des ouvertures dramatiques mais par la toile de fond des minuties et de la répétition des actes quotidiens. De petites observations avant, pendant et après le travail : le rituel de verser de l'eau aux clients, attraper un rhume un jour de congé. Rêver éveillé de gagner à la lotterie, ou peut-être réaliser qu'on a déjà gagné. Ici, l'amour est une façon de parler de ce qui nous pousse en avant, et Widowspeak suggère que cela peut être toute la raison d'être. La lumière qui illumine les coins sombres d'une journée, d'une vie. Une raison de continuer malgré la douleur que cela peut causer. Comme le dit la chanson éponyme : Toutes les épines ne vous piqueront pas, vous ressentez toujours la première. Et maintenant vous ne cultivez plus de roses parce que l'unique fait encore mal… Je veux être l'élu.
Où ça se passe
Rue Jacques Callot, Paris
D'après OpenStreetMap.
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